09.02.2009
50 milliards de dollars à la flotte par an, ça suffit !
Un rapport de la Banque mondiale et de l'Agence de l'ONU pour l'alimentation et l'agriculture estime à 50 milliards de dollars par an le gaspillage dû à une mauvaise gestion des pêcheries. Une réforme est indéniable.
(vu sur Ecolife)
Inutile d'enfiler vos palmes, aucun trésor de Rackham le Rouge ne se trouve au fond de l'eau. Ces 50 milliards de dollars sont une estimation des pertes économiques - pour changer - du secteur des pêches maritimes. Soit "un manque à gagner, sur les trois décennies, équivalent au PIB de l'Italie", selon le rapport intitulé "Les milliards engloutis : la justification économique pour une réforme des pêches". Les responsables ? Une mauvaise gestion des ressources halieutiques, l'inefficacité des méthodes de prélèvement malgré les flottes surabondantes, et la surpêche. Le premier problème consiste à gérer la raréfaction des stocks de poissons.
"Comme il y a de moins en moins de poissons, les coûts associés à la recherche et à la capture de ces poissons augmentent", expliquent les auteurs du rapport. D'énormes flottilles, bien trop conséquentes par rapport aux quantités de poissons potentiellement pêchés, n'arrangent rien. "Il y a une importante surcapacité de la flotte mondiale, à cause des technologies comme les GPS, les moteurs hors-bord, etc.", explique Kieran Kelleher, leader de l'équipe pêche à la Banque mondiale, "il faut absolument revoir les droits de pêche", insiste-t-il.
- "Renforcer les systèmes de droits de pêche" -
Revoir ces droits, cela signifie une limitation des permis de pêcher, et des incitations à utiliser leurs droits de façon responsable. "Actuellement, dans beaucoup de pays en développement, les ressources halieutiques sont en libre accès", note Kieran Kelleher. "Résultat : plus de 75% des stocks mondiaux de produits de la mer sont soit pleinement exploités, soit surexploités". Cette course au poisson est due au "caractère invisible des ressources de la mer, qu'on ne peut pas numéroter comme des vaches et attribuer aux exploitants", explique Olivier Thebaud, économiste responsable des pêches à l'Ifremer.
Davantage de transparence dans l'eau de mer serait une incitation pour les pêcheries à gérer leurs approvisionnements de manière plus viable. "Il faut supprimer progressivement les subventions et rendre des comptes publics sur la gestion des pêcheries", relève Kieran Kelleher. Ces modifications radicales ouvriraient enfin la porte de l'obtention d'un label écologique, donc des pêches durables.
"Le renforcement des systèmes de droits de pêche est fondamental dans toute démarche pour résoudre les problèmes qui affectent le secteur", déclare Ragnar Arnason, économiste des pêches à l'Université d'Islande, un des auteurs du rapport. En Nouvelle-Zélande, Namibie et Islande, l'importance accordée aux droits d'accès des pêcheurs a, selon ce dernier, porté ses fruits et réduit le gaspillage à outrance.
Les milliards de dollars engloutis sont un argument de plus pour une réforme abyssale de la pêche. Nul doute que la perspective de récupérer quelques coffres-forts devrait stimuler les décideurs, par les temps qui courent.
Par Diana Semaska
11:09 Lien permanent | Commentaires (0) | Trackbacks (0) | Envoyer cette note | Tags : peche, gaspillage, durable, onu









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