10.09.2008

Le japon lâche le Thon

par David Solon (Nantes) Cofondateur et rédacteur en chef du magazine Terra Economica

f04776fe0ce9f16e397abf12a88d4746.jpgPétrole cher, océans vidés : le Japon doit regarder la réalité en face. Les festins de thon rouge sont peut-être à classer au rayon des souvenirs. Un moratoire sur cette pêche vient d’être mis en place.

A force de trop tirer sur la corde, elle finit par se rompre. Le Japon, la Corée du Sud, Taïwan et la Chine viennent de tomber d’accord sur un moratoire "temporaire et partiel sur les sorties en mer". Selon le site du Figaro, "cette unanimité s’explique par le doublement du coût du fioul en un an qui rend toute pêche de ce type déficitaire compte tenu des cours actuels du thon".

Des ONG comme Greenpeace ou WWF militent depuis des mois pour une réduction drastique de la pêche au thon menacé de disparition. En Méditerranée, affirme Greenpeace, "les pays pêcheurs devraient réduire de 78% en moyenne leur flottille, soit sortir de la pêcherie 284 bateaux et seul un moratoire de 3 à 5 ans pourra être en mesure de soulager le stock de thons rouges".

Dans un récent rapport, poursuit le correspondant du Figaro au Japon, La Banque asiatique relève que "les bateaux de pêche de la région - 42 % du tonnage de la pêche mondiale se trouvent en Asie - sont suréquipés, avec une capacité de pêche deux fois supérieure aux renouvellements des stocks".

01.07.2008

Les pêcheurs français haussent le Thon

bd153dedb8ee1471c14f691e6638c9b6.jpgL'interdiction de pêcher le thon rouge est tombée 15 jours plus tôt que prévu, mi juin. Du coup, les pêcheurs français décident de bloquer Marseille jeudi. Ce bras de fer avec Bruxelles, très mal venu en ce début de présidence française de l'UE, révèle les tensions de ce sujet. Plusieurs solutions s'imposent : une prise en compte des études scientifiques sur la préservation des stocks, un meilleur contrôle du respect des quota, l'exigence d'une gouvernance internationale plus large que l'union européenne (si l'Europe fixe des quotas, ils ne s'imposent pas à d'autres pays, or la mer n'a pas de frontières).
Quoiqu'il en soit, l'Italie, la France et l'Espagne représentent 50% des pêches de thon rouge dans le monde, loin devant le Japon et la Turquie.
"C’est écrit noir sur blanc : au total, les chalutiers n’ont réalisé que 27% de leurs quotas, soit seulement 729 tonnes sur les 2479 accordées par Bruxelles", martèle Mourad Kahoul, qui représente les pêcheurs de Thon.
696c917514c3a5b5bd2f2645f7292c67.jpg
Le WWF estime que les quotas restent "largement au-dessus des recommandations des scientifiques", d'autant plus que le niveau réel des prises est mal contrôlé. (ci-contre : têtes de thon rouge déposées sur le perron des autorités françaises sous le pavillon "halte au massacre", action de Greenpeace)
Si les poissons sont en voie de disparition, les pêcheurs aussi : tâchons de préserver les ressources équitablement et intelligemment !
Pour en savoir plus : http://ec.europa.eu/fisheries/faq/resources_fr.htm

Lire la suite

14.01.2008

Du réveillon aux bonnes résolutions, sélectionnez vos poissons!

cebe47edb26020fc5e605af6982baa1b.jpgAprès la brochure "Et ta mer, t'y penses ?" publiée par Greenpeace en juin 2006, c'est au tour de l'association écologiste WWF France de publier son guide d'achat "Pour une consommation responsable des produits de la mer " , en partenariat avec la marque Iglo. Objectif : nous faire oublier un peu, malgré les Fêtes, les traditionnels saumons, thons ou cabillauds (qui font partie des espèces les plus consommées… et les plus menacées) pour nous suggérer d'autres poissons à acheter sans mettre en péril la planète !
(vu sur Graines Du Changement)
Voir:
Mes Courses Pour La Planète
Télécharger la brochure du WWF
Et celle de Greenpease

Lire la suite

10.07.2007

Les thons rouges vont disparaître, comme la plupart de la biodiversité...et alors?

medium_banc_perroquets_dumbea.jpgUne étude statistique publiée en 2006 basée sur l'analyse durant quatre ans de données couvrant une période de mille ans, pour 48 zones de pêche dans le monde montre que les espèces actuellement pêchées (poissons et crustacés) pourraient quasiment toutes disparaître en 2048 sans mesure supplémentaire de préservation. En 2006, 29% des espèces pêchées sont déjà sur le point de disparaître, imposant un appel plus important aux piscicultures dont certaines dégradent l'environnement. La perte importante de biodiversité marine fragilise les écosystèmes marins et par voie de conséquence le climat et ceux de la planète entière, car les mers et océans sont essentiels aux cycles bio géochimiques, dont celui de l'oxygène.

Les infos sont là, mais rien ne bouge, à part quelques bras qui remuent dans l'air... Ceux qui restent les bras ballants me disent: "mais qu'est-ce qu'on en a à faire de tes (sic!) baleines?".

Pourquoi disent-ils ça? Notamment parce que le système économique qui organise la vie humaine ne prend pas en compte les services rendus par la nature (détaillés dans la suite de cette note).
Un peu comme l'Erika, on vit dans le rêve: tant que ça flotte tout va bien... on connaît la suite.

Que faire? Sans doute modifier le système économique actuel de l'intérieur comme le font de nombreux entrepreneurs sociaux décrits dans ce blog (Haidar El Ali, Ori Vigfüsson, etc.) et des "agitateurs" qui mènent des actions coup de poing et des campagnes médiatiques pour mobiliser les citoyens (voir le clip ci dessous d'une de ces ONGe dont les aventures ont commencé sur l'océan en faisant obstruction aux essais nucléaires des USA avec un pneumatique...). Les solutions existent: informons-nous et agissons. Vite.

Lire la suite